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Don W. Roberts, Manderley Turfgrass International
L’évolution de la science qui traite du gazon en plaques est une histoire étonnante. Au début du 20e siècle, ce qui a commencé par des expériences pratiques s’est terminé par une industrie de plus de 40 millions de dollars, à l’échelle mondiale. Dans l’ensemble, cela a débuté par des observations d’herbes d’origine naturelle dans certains micro-climats, puis vint la tondeuse.
(Vous souvenez-vous de la première fois où votre père vous a laissé tondre la pelouse? Vous est-il arrivé alors de rêver que cela vous amènerait à un tel créneau? Votre épouse peut-elle jamais être fatiguée de « parler pelouse »? Mes amis hispanophones ont un dicton … « Hay tanto saber, pero tan poquito tiempo ». (Il y a tellement à apprendre et si peu de temps.)
Pendant les dernières décennies, nous avons assisté à d’énormes avancées dans le développement des variétés du gazon en plaques, et le rythme des progrès semble s’accélérer. Par exemple, nous continuons à découvrir des manières d’amener de nouveaux genres et de nouvelles espèces à de plus grandes adaptations climatiques et édaphiques, et à trouver des moyens d’interrompre les relations parasite-hôte de manière écologique. Comme les consommateurs informés demandent encore plus d’information, un nombre croissant de chercheurs accède à ce domaine pour travailler aux côtés de leurs collègues qui s’emploient assidûment à trouver des réponses. De même que les technologies sportives se développent, le besoin de développer ou de déterminer une pelouse naturelle pouvant essentiellement s’adapter à de meilleures normes croît sans cesse. Même le gazon artificiel a fait du chemin ces dernières années.
Qu’y a-t-il de plus récent et de grandiose? C’est une question qu’on me pose chaque jour.
Voici ce que nous avons trouvé
National Turfgrass Evaluation Program (NTEP) est l’un des programmes de recherche les plus connus au monde sur le gazon en plaques. Après des débuts modestes où il fonctionnait à partir du bureau de Kevin Morris à l’administration centrale du ministère de l’Agriculture des Etats-Unis à Beltsville (Maryland), le NTEP évalue actuellement 17 espèces de gazon en plaques dans 70 emplacements à une quarantaine d’états américains et six provinces canadiennes. Depuis les premiers emplacements d’essai aux universités en 1987, on a comparé et testé 113 variétés d’étuque élevée, 53 de fétuque ovine à feuilles fines, 110 de pâturin des prés, 120 de ray-grass vivace, 28 d’agrostis scabre, 53 d’herbe des Bermudes, 31 d’herbe aux bisons, six de Paspalum pauciflore, six de St-Augustin et 11 de gazon de Manille.
Une approche relativement nouvelle aux tests des cultivars est à l’étude sur les terrains de golf. Ces essais d’évaluation de cultivars sont conjointement financés et soutenus par la Golf Course Superintendents Association of America (GCSAA), la United States Gold Association (USGA)-Section verte, et le NTEP. La USGA a financé la construction de terrains pour les 16 premiers essais selon ses spécifications. Des essais pendant la sécheresse et le trafic commenceront dans plusieurs emplacements en automne 2009. Par ailleurs, 10 à 12 essais d’évaluation de cultivar débuteront en 2010. Généralement, les essais ‘sur place’ se font quand les terrains de golf se trouvent près d’une université à terre concédée ayant un programme de recherche sur le gazon en plaques, ou dans de grandes zones métropolitaines d’accès facile pour un chercheur universitaire travaillant sur ce genre de pelouse. Des emplacements régionaux pour les essais d’évaluation ont été établis : a) au nord pour l’agrostis scabre, b) au sud pour l’herbe des Bermudes, et c) dans des zones de transition pour les deux espèces. Les golfeurs pratiquent des puttings et/ou des coups cochés et des chippings et les clubs hôtes assurent chaque jour l’entretien du terrain de putting à leurs frais.
Le développement du gazon en plaques se fait dans le monde entier, pas seulement en Amérique du Nord. Par exemple, le Sports Turf Research Institute à Bingley (Institut de recherche sur les pelouses de sport) étudie des hypothèses de cultivar et d’utilité générale sur plus de 400 variétés depuis 1929. En Australie, le centre de recherche Redlands à Cleveland (Queensland) effectue des essais sur 20 variétés déterminées parmi six genres de gazon en plaques de saison chaude. J’ai visité des centres de recherche universitaires et privés en Chine, à Taiwan, aux Philippines, et en Thaïlande, et entendu parler de bien d’autres dans divers pays où la science qui traite de gazon en plaques gagne du terrain.
Les sélectionneurs, les chercheurs et les spécialistes en vulgarisation concernant le gazon en plaques sur ce continent utilisent les données du NTEP pour déterminer l’adaptation et l’utilisation des cultivars et des lignes expérimentales. Les données telles que la qualité, la couleur, la densité, la résistance aux maladies et aux insectes, la tolérance de la chaleur, de la sécheresse et du trafic concernant le gazon en plaques sont réunies et résumées chaque année par le NTEP.
Les compagnies de semences comptent sur ces données pour la publicité et les ventes. Les organismes gouvernementaux comme les services des routes et des jardins utilisent les données du NTEP en rédigeant des spécifications pour les soumissions et les achats. Plus important encore : les utilisateurs finaux, comme les surintendants de terrains de golf, les gestionnaires de pelouses de sport, les gazonniers, les prestataires de services d’entretien du gazon et les gestionnaires des terrains utilisent fréquemment les données avant d’acheter les semences ou le gazon en plaques. Les données du NTEP sont devenues la norme pour l’industrie du gazon en plaques aux Etats-Unis et au Canada.
L’Internet facilite beaucoup l’accès aux données générées par le NTEP. Mais vous pouvez faire mieux qu’y accéder : adapter un rapport à votre propre climat! Visitez leur site Web ou appeler les gens du NTEP pour leur donner l’emplacement auquel vous désirez vous comparer, et ils produiront une série de données pour répondre à vos besoins et à vos questions. Des frais minimes s’appliquent à certaines demandes, et l’adhésion ne coûte que 30 dollars américains par an. Si vous ne l’avez pas encore fait, il sera temps…www.ntep.org.
Comment puis-je être sûr d’en avoir pour mon argent?
La plus grande collection de renseignements sur la pelouse en plaque se trouve probablement à un seul endroit, et c’est à l’administration centrale ou au site Web de Turfgrass Producers International, connu aussi comme TPI pour nous, producteurs de gazon en plaques.
Le TPI est l’association mondiale dédiée au progrès de l’industrie de la pelouse en plaque, et collectivement, le mantra du groupe est…
« de représenter et de faire progresser l’industrie de la pelouse en plaque à l’échelle mondiale par la promotion de pratiques améliorées, le perfectionnement professionnel des membres et le rehaussement de l’environnement. »
Le nombre d’adhérents du TPI dépasse 1 100 et il comprend des producteurs de gazon en plaques de plus de 40 pays, dont Manderley. Les membres représentent les producteurs, les fournisseurs, les fabricants et les éducateurs les plus productifs de l’industrie du gazon en plaques. Les membres variés du TPI, représentés par 70 pour cent d’Américains et 30 pour cent d’internationaux, en fait une association unique où les membres ont la possibilité d’interagir et d’échanger des idées avec des camarades producteurs de pelouses en plaque dans un milieu à l’abri de la concurrence et ouvert à la coopération, à la compréhension et au soutien réciproques. Donc, en règle générale, si vous cherchez la qualité, naviguez un peu sur www.turfgrasssod.org.
Les étiquettes des semences racontent l’histoire réelle quand il s’agit de cultivars de saison froide. Il existe deux niveaux d’étiquette de « certification » pour l’utilisateur final. L’étiquette bleue est certifiée et constitue le niveau normal d’homologation utilisé pour indiquer qu’un niveau inférieur de ‘l’autre’ semence est inclus dans le sac. L’étiquette or est un niveau de certification que la plupart des gazonniers utilisent (ou devraient utiliser) pour planter leurs champs de production de gazon en plaques.
Chaque état ou province a une exigence minimale en matière de graines de mauvaises herbes pour les semences certifiées par les étiquettes bleue et or.
Dans le monde de production de gazon en plaques pour la saison chaude, la plupart des champs proviennent de reproduction des parties végétatives de certaines plantes appelées brins ou carottes. Comme les parties végétatives de la plante doivent porter la génétique inhérente recherchée, une trace écrite de la circulation de l'information et un programme d’homologation du champ sont essentiels … pour la différentiation entre un produit d’origine pure et un simple couvre-sol. L’homologation des champs est effectuée par des organismes tiers dans chaque état, et il existe des normes minimales strictes à respecter pour obtenir le statut de certification d’étiquette bleue dans le produit final (gazon en plaque ou brins).
Chaque état au sud des É.-U.A. possède un programme de certification pour les variétés de gazon en plaques. Par exemple, en Géorgie il y a 13 390 acres de classe certifiée ou enregistrée pour la production d’herbe des Bermudes, de Eremochloa ophiuroides, de Paspalum pauciflore, de St-Augustin et de gazon de Manille. Les états de Virginie, de Maryland, de Caroline du Nord et d’Idaho sont les seuls à avoir des programmes de certification de champs de fétuque élevée pour le gazon en plaques.
Qu’y a-t-il à l’horizon?
L’analyse des empreintes génétiques, comme l’indique le monde de CSI, fait également de grands pas dans l’arène du gazon en plaques. Des développements ont été récemment effectués afin de simplifier et d’affiner les techniques de laboratoire pour déterminer si un cultivar est semblable à un autre, au niveau moléculaire. Au début, on a pensé dans certains laboratoires que l’analyse des empreintes génétiques serait un bon outil pour déterminer la génétique de la saison froide, et récemment, elle a réussi à passer également à aux genres de saison chaude (au laboratoire du Dr Chen à l’université de Géorgie, campus Griffin). Cela peut représenter un outil supplémentaire dans la trousse d’outils de diagnostic, pour l’enregistrement, l’octroi de licence, ou les problèmes de production et les questions sur place.
Le gène vert : Plus récemment, il y a eu beaucoup de bruit au R.U. sur la découverte d’une fétuque des prés d’origine naturelle qui restait verte quand les herbes qui l’entouraient devenaient jaunes ou brunes par le stress et la mort. Les chercheurs de Institute of Grassland and Environmental Research à Aberystwyth ont commencé à rétrocroiser cette fétuque des prés avec le ray-grass vivace pour obtenir le ‘gène vert’. À partir de là, on peut développer un cultivar par une pollinisation croisée normale et en faisant des essais pour d’autres caractères, jusqu’à l’affinement. Il s’agit d’une recherche stimulante en raison de ce que pourrait entraîner une variété de ‘gène vert’ quant aux caractères concernant la couleur due à la sécheresse, à l’hiver, une fertilité inférieure, et l’usure, la netteté de coupure et la résistance aux maladies. Ne perdons pas de vue celui-là.
Même s’il s’agit d’un sujet controversé, le milieu scientifique a utilisé la manipulation génétique pour insérer des gènes particuliers dans les pelouses en plaque afin d’y inclure la résistance à certains herbicides, le contrôle biologique d’insectes, et des marqueurs. (Sujet pour un autre article peut-être.)
Les endophytes, champignons inhérents à la plante qui existent depuis toujours, s’avèrent symbiotiques et bénéfiques. Se trouvant dans certaines espèces de pelouses à plaque de saison froide et certains cultivars, les endophytes aident la plante à éviter de servir de nourriture à certains insectes nuisibles, et on a constaté également qu’ils augmentent la résistance au stress. Les sélectionneurs et les propriétaires de semences utilisent les endophytes pour améliorer le rendement des cultivars.
Wikipedia a une définition assez complète du terme ‘évolution’. Sans vouloir exposer le pot aux roses dans le titre de cet article, je peux voir où le ‘gazonnier’ a joué un rôle principal en créant un besoin d’améliorer le rendement des pelouses à plaque par l’étude et la gestion de ce qu’on trouve dans la nature. Pour terminer, je peux dire subjectivement que ‘tout est bon’. Demandez ce qui est certifié, apprenez à connaître votre flore, votre terre ferme et votre faune, ainsi que votre fournisseur, et ne perdez pas de vue l’horizon.
Au sujet de l’auteur
Don W. Roberts, agronome-conseil et directeur général de Manderley Turfgrass International, possède 25 ans d’expertise technique dans l’industrie de la pelouse en plaque.
Titulaire d’une maîtrise ès sciences de Clemson University, Horticulture/ Pathologie végétale obtenue en 1987, Don est un conférencier recherché, et il a rédigé de nombreux articles comprenant « Turfgrass Selection For Golf Courses » (Choix de pelouse en plaque pour les terrains de golf), « Improved Grasses for Greens, Tees and Fairways of East Asia » (Gazons améliorés pour les pelouses, les dés et les fairways de l’Asie de l’Est), et « Cost Savings in Golf Course Design for Turf Management » (Économies dans la conception des terrains de golf pour la gestion du gazon en plaques) destinés à une grande variété de publications concernant le gazon en plaques.
Don a fourni des services consultatifs à plus de 300 gestionnaires de terrain de golf et à plus de 150 dirigeants d’installations sportives en Amérique du Nord et dans le reste du monde.
Don est actif dans le milieu du golf et il entretient des relations avec plusieurs organisations professionnelles et scolaires, y compris American Society of Agronomy (Société américaine d’agronomie), American Society of Golf Course Architects (Société américaine des architectes de terrains de golf), American Sod Producers Association (Association américaine des producteurs de gazon en plaques), Golf Course Builders of America (Constructeurs américains de terrains de golf), Golf Course Superintendents Association of America (Association américaine des surintendants de terrains de golf) et Sports Turf Managers Association of America (Association américaine des gestionnaires de pelouses de sport).
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